Et voilà notre escale en Martinique prend fin un peu comme elle a commencé en musique.
Hier nous avons dit au revoir à Gerrit notre dernier coéquipier de transat ainsi qu’à sa famille. Pour eux l’aventure continue aux Etats Unis et en caravane. Tous les moyens sont bons.
Entre temps nous avons déplacé le bateau pour nous rendre au Marin la Mecque du voileux, la plus grande marina des Antilles, pleine de bars, commerces de pièces détachées, réparateurs agréés ou avérés. Cela tombe plutôt bien, sur le chemin une panne électrique se manifeste. L’alternateur ne débite plus, le compte tour reste scotché sur 0 tr/min. Je le démonte, vérifie les charbons et me mets en quête d’un électricien pour le tester. 4 heures de recherche, pas possible avant une semaine, ne touche pas à l’élec, vend que des pièces et enfin « YES marine » : ok repasse dans une demi-heure. Une enseigne qui ne ment pas !? Verdict : le pont de diode est mort. Péripatéticienne! Eric m’avait dit d’en prendre un! 2 jours de recherche sur le net, des coups de fils aux US, sur les iles voisines et pièce introuvable. Péripatéticienne! J’achète un autre alternateur, fais faire une entretoise pour l’adapter, le remonte, démarre et toujours le même problème. Péripatéticienne!
Allo, Frantz Larochelle au secours ! Pani pwoblem, j’awive à 14 h. 13h45 il est là, 15h45 on sait d’où vient le problème : la carte électronique du tableau de commande moteur bouffée par les éléments. Du coup soirée soudure avec la Stouph pour refaire les pistes de la carte. Moteur ! Ça charge, merci Frantz et donc notre premier alternateur allait très bien.
Allez gaz ! Direction la marina pour le plein d’eau. Mais chemin faisant un haut fond croise notre chemin et nous voilà envasés à 63,5 m de la pompe. Catin ! Après moultes manoeuvres inefficaces et l’aide spontanée d’un jeune couple en annexe, c’est un gros Zodiac qui nous sort en faisant giter le rafiot. A 5m de la pompe, « 17h30 revenez demain ! ». Escort girls !
8h du mat ! Aujourd’hui c’est bon. On est quatrième dans la queue. Plus que deux, on y est presque. A nous, yes ! « c’est pouw de l’eau ? wevenez plutawd apwès tous les catas qui pwennent du gazoil ! » je me retourne, on est samedi, retour des locations et une bonne quinzaine de catas derrière nous. Putin ! PUTIN ! On s’insulte copieux car un peu énervés et direction Sainte Anne où il y a un robinet dans les toilettes et douches de la plage (coté camping), prenez une clef à molette et vos jerricans. Et voilà ! 5 rotations avec les bidons, 500 l dans nos réservoirs et la marina : allez vous faire voir !
Chemin faisant nous doublons un voilier acier jaune comme SENO (A bientôt j’espère sous le soleil). Mais c’est un Russe en solitaire qui manquera de nous percuter suite au manquement de deux lois élémentaires de navigation : priorité au bateau rattrapé et priorité au bateau à voile. Nous avons compris plus tard que ce chauffard avait une feuille de route à suivre et le faisait à la lettre. Aux autres de bouger. Bon à savoir : en russe un bras d’honneur veut bien dire la même chose, il nous a d’ailleurs applaudis en guise d’accusé réception.
Chance, ici c’est carnaval tous les dimanches de janvier à mars, ça dance, ça remue son boul (et quel boul), tout en couleur, avec grand défilé de scooter et autres motocross, sans casque, naturellement, grand concours de rupteurs. Pas beaucoup de visages pâles ce soir, c’est la fête au village. Presque aussi bien que la fête à Domancy.
Bon on a quand même bien profité de l’île, de ses bontés visuelles, culinaires, musicales mais les mauvais moments sont souvent plus sympas à raconter et à lire. Demain on met les voiles pour Union Island retrouver deux ou trois bateaux rencontrés à Graciosa et Mindelo.
Petite précision quand même, rapport à la Martinique qu’on nous a vendue : les choses ont bien changé : les langoustes sont devenues rares et donc très chères, tout comme le poisson (pollué), les artisans voiliers frappent à 60 € de l’heure, les mécanos à 70 €, on les voit arriver de loin les plaisanciers. Alors c’est sûr, voyager pendant un an avec un gros budget permet certainement de profiter davantage, c’est une toute autre affaire en famille sur du long terme… (sans parler des contraintes liés aux enfants : CNED, éducation, fatigue,…)Reste que le système est corrompu par les blancs qui ont bien verrouillé le milieu de la plaisance, ici comme au Cap Vert, à la recherche du profit maximum et surtout facile. Donc, nous ne faisons plus travailler que les locaux dans la mesure du possible, ils sont d’ailleurs plus disponibles et ouverts, alors à bon entendeur...