NEVIS
Que dire ? C’est un peu St Kitts. Les deux îles les moins intéressantes du lot. On en retiendra le passage d’une perturbation orageuse assez virulente qui nous aura valu une bonne douche à la sortie du bar pour rejoindre le bateau et le lendemain un crash avorté de Paï-mé à la côte. Je m’explique :
Après une journée de ringalerie en ville et la visite des bains d’eau chaude (108°F) sulfureuse locaux nous nous prélassons devant un bon film « No country for old men » que je vous conseille d’ailleurs. Bon d’accord ce n’est pas une comédie musicale mais la fin est assez inattendue. Autre bon film à mater « 99 francs » avec Jean Dujardin, royal dans sont rôle.
Bon je m’égare un peu.
Donc au-dessus et autour de nous des éclairs dans tous les sens, ça flache fort ! 35 m de chaîne, pioche plantée dans le sable, de la place entre les bateaux, derrière nous le large, pépouse quoi ! Soudain l’anémo passe de pétole à 38 nœuds (70 km/h) en virant de 180° : les chaînes se tendent, les ancres dérapent en faisant demi-tour, raccrochent. Quand je bondis dehors il pleut dru et tous les bateaux sont rangés en ligne type grand prix moto cross, trop près les uns des autres à mon goût. L’amerloc un peu derrière nous flippe comme un taré, nous éclaire avec son projecteur, souffle dans sa trompette comme si on ne l’avait pas vu ; mais ça tient. Louanne : « j’ai peur, le bateau est trop près de nous, j’peux dormir dans l’carré ?? »
Tenue de combat : slip, ciré ; fini le film, je veille avec Stouf sous la pluie et face aux vagues qui montent. Forcément nous sommes face au large maintenant et derrière nous : la plage.
Situation stable quand soudain « CLAC » le mouillage lâche ; le lâche ! On dérape ! Moteur ! Marche arrière pour se dégager du ricain, marche avant pour lui passer derrière, je lâche de la chaîne pour tenter de raccrocher, ai juste le temps de voir les bouées d’un corps mort à 3 m de nous, passons dessus, les bouts s’enroulent dans l’hélice, le moteur cale, le bateau s’immobilise cul au vague. Ouf, mais pas bon quand même ; il y a encore 35 Nds et des vagues de 1.5 m déferlant dans la jupe et rentrant dans le cockpit. Ca fait du bien ces douches d’eau chaude, le vent est un peu frais. Louanne : « j’ai peur, y’a d’leau qui rentre dans la cabine à papa », normal, le hublot est mal fermé.
Pour sécuriser la situation je tire sur la chaîne avant pour nous remettre en tension sur l’ancre. Je tire, je tire jusqu’au bout. Et au bout : rien, plus d’ancre. La chaîne a pété comme du verre. Je jette une ancre arrière, en met une nouvelle à l’avant et attendons comme ça le retour à la normale, car :
Après la pluie, le beau temps !
4 heures du mat, j’ai pas l’frisson. Le calme est revenu. Je plonge pour évaluer les dégâts, voir comment défaire le sac de pus enroulé autour de l’hélice. Ambiance Cousteau, plongée de nuit à la lampe de poche mais sans bonnet rouge. Rien de cassé, 3 coups de couteau et nous voilà libérés au levé du jour.
Dans ces moments-là la tendance est au chacun pour soi, mais Aurélien et Aurélie d’Okamaugo nous ont soutenus par VHF en prenant de nos nouvelles jusque tard dans la nuit alors qu’eux mêmes étaient en fâcheuse posture. Comme dit l’histoire : c’est dans le « besoin » qu’on reconnaît ses amis.
Tout le monde n’a pas eu notre chance. Deux barques de pêcheurs restées à quai ont fini pulvérisées contre le rivage, un petit bateau coulé et un zodiac retourné sur la jetée, moteur cassé. La bonne technique était celle des pêcheurs ayant quitté le quai pour se mettre sur une bouée et y passer la nuit en sécurité.
MONTSERRAT
Prononcez : Montsrat et dites « tankyou » pour merci. Je savais que mes profs d’anglais n’avaient pas le bon accent, alors que moi oui ! Voilà une île qui me plait !
Montserrat c’est the place to be pour les volcanologues. Depuis 1997 le volcan principal de l’île qui dominait la partie la plus peuplée et riche en infrastructures (port, aéroport, hôpital, golf, hôtel, administration…) s’est réveillé après 400 ans de glandouille. Des coulées pyroclastiques ont réduit en cendre la capitale Plymouth et ses environs, poussant à l’exode plus de dix mille personnes vers le nord de l’île et l’Angleterre. La ville située aujourd’hui en zone d’exclusion comme la moitié Sud de l’île est décrite comme un Pompéi moderne. Les toits sont au niveau du sol, la rivière est comblée par 7 m de sable et de roches et les piscines par les cendres.
Aujourd’hui le volcan est calme mais il s’en dégage encore des vapeurs sulfureuses et des cendres emportées par les alizés. Tout est à reconstruire. Il ne reste que 5000 personnes contre 15000 avant irruption, la zone autorisée ne se prête guère au développement d’infrastructures ou de villes à cause du relief escarpé, les touristes et riches résidents secondaires, surtout américains, ne viennent plus, il n’y a plus de travail, plus d’argent… pourtant le potentiel de l’île est énorme : belles plages, nature luxuriante, agriculture autrefois prospère, plongée, eau douce abondante, population accueillante et sympa. L’activité principale aujourd’hui est l’exportation du sable venant du volcan.
Allez faire un tour sur Internet pour plus de photos du volcan et visiter l’île. C’est un bon sujet de recherche pour jour de pluie. Nous, nous avons adoré ! C’est ici que Paul Mc Cartney, Elton John, Stevie Wonder et Etric Clapton (entre autres) venaient enregistrer leurs disques au calme et loin des fans.
Ici les gens vous diront : "As long as you're happy, I'm happy", traduisez : "votre bonheur est mon bonheur".
GWADA
Nous voilà de retour à la case départ de ce petit tour au nord. Okamaugo est presque vendu, ce qui signifie le retour de nos copains à Rennes. Un tour de l’atlantique parfait pour eux : achat, voyage, vente. Un peu court pour Aurélien mais quelle joie pour Aurélie de rentrer en avion. La séparation va être difficile surtout pour Augustin qui en pince beaucoup pour Louanne. Camille est déjà super contente à l’idée de retrouver son lit et une maison qui ne bouge pas.
Sinon escale technique : entretien, ajout d’un bout de 50 m au reste de chaîne, lessive, courses ; les choses de la vie courante, que l’on soit terrien, marin ou bon à rien.
Au fait, nous avons reçu notre colis chéri qui est reparti en France et revenu en Guadeloupe en seulement 1 semaine. Bougez avec la poste et merci la mère !
Musiques actuellement écoutées sur Paï-mé :
(à télécharger sur Voustuyau ou autre si vous aimez)
- David Guetta Shot me down
- Jean Yanne Allo Sacha
- Gramatik Balkan Express
- Mattrach Acoustic Cool Song (original)
- Sascha Braemer Go Loco
- Parov Stelar The Mojo Radio Gang
- Le people de l’herbe Adventure
- Cordas do sol Lume d’Lenha
- Jose Travieso Zombie nation
- Cautiva Into the Pit
- Cesaria Evora Sodade
- Yolanda be cool we no speak americano
Voilà vous en savez un peu plus. Vous pouvez en écouter plus bien sûr ou faire comme moi et nous envoyer vos musiques préférées.
Et pour finir une bonne histoire :
Connaissez-vous la différence entre un 51 et le 69 ?
Facile ! Le 51 sent l’anis !
