11 novembre 2014
Bonaire, ou quand plaisance rime avec bonne ambiance. Voilà maintenant une bonne semaine que nous sommes sortis de l’eau, une sortie plutôt épique, mais bon, on est au sec.
La première nuit nous la passons en haut de la rampe, avec un bateau qui gîte et plonge vers l’avant, pas super confortable, mais ça passe.
Première étape, passage de la coque au jet haute pression, puis grattage et ponçage de la quille, je ponce donc je sue. Ensuite, Bert s’occupe de l’annexe qu’il faut renforcer.
Le chantier est idyllique : nos potes Green Cho sont là, on est juste entre nous, on s’encourage, la mise en route étant toujours un peu démotivante, il faut dire que nous avons tellement de choses à faire et chaque chose prend tellement de temps et d’énergie. Et puis Lelle, le grand patron a toujours un œil sur nous et il n’hésite pas à nous apporter ses conseils et son outillage. En plus, nous nous sommes fait prêter un vélo, ce qui facilite grandement nos déplacements à terre. Louanne* avoue adorer faire du vélo, surtout après 1 an et demi de voile. Emma s’ennuie un peu, comme toujours elle ne sait pas quoi démonter. Heureusement on peut se baigner, l’eau est propre et claire.
Seul bémol au tableau, des moustiques à gogo, qui passent à travers les moustiquaires et comme le temps est à la pluie depuis début novembre, il fait chaud et humide et ça c’est pas bon pour nous. On s’est même acheté une raquette et ça smache à tout va, jeu, set et match, de jour comme de nuit.
30 novembre 2014
Les travaux sont presque terminés. Notre cuisine est de nouveau praticable, notre super frigo, un peu plus grand que l’ancien et carrément mieux agencé, fonctionne correctement, on a pu faire de la chantilly, c’est dire si on est au top.
Après moult allers-retours du menuisier, le plan de travail est lui aussi posé, c’est neuf, c’est propre, c’est beau, les meubles retrouvent leur place et la vaisselle aussi, fini le bazar dans tous les coins du bateau.
L’annexe est béton et jouit d’une rehausse à l’avant qui devrait grandement limiter les éclaboussures, vivement le test grandeur nature avec un moteur plus puissant (celui de Green Cho), histoire de voir si elle supporte, c’est toujours mieux de pouvoir tester avant d’acheter ; reste à lui retrouver un mât et le tour est joué.
Bon alors suite au test, pour le moteur surpuissant on oublie, l’annexe se désosse à chaque rebond, un petit 5 CV 2 temps serait largement suffisant, en attendant, notre Mercury va pas si mal que ça finalement...
Les joints du teck ont été poncés, ça fait drôlement moins mal aux fesses et fini les fourmis sous les pieds quand on est à la barre. Un peu de confort est toujours appréciable…
La jupe aussi a eu droit à sa dose de renfort suite à ce qu’elle a enduré à Nevis, on en profite pour remettre un coup de peinture au tableau arrière.
Vive la plaisance, on communie avec la nature, en totale symbiose avec l’environnement où il faut s’habiller comme un cosmonaute pour manipuler le moindre produit dont les noms sont enchanteurs : epoxy, décapant, peinture bi-composant, anti-fouling, white spirit, gel coat, acide muriatique, acétone, silicone, et j’en passe.
Un tour dans la trappe moteur pour la mise en place du pilote de secours, on ne sait jamais.
La coque devrait prochainement revêtir sa couche d’anti-fouling, la quille a été grattée, sablée, passée à l’acide et enduite, les traces d’algues ont été décapées, ça tue tout ce travail, mais quand il faut, il faut.
Ça, c’est les grandes lignes, on bosse tous les jours, Louanne imperturbable fait consciencieusement son CNED tous les matins pendant qu’Emma tourne et vire, dedans et dehors.
Les Green Cho ont pas mal de boulot aussi et ça fait du bien d’avoir de la compagnie. On mange régulièrement ensemble, on s’encourage, on s’échange les outils, on va faire les courses, c’est sympa.
Sinon, pour les à-côtés, heureusement il y en a, baignade, plongée, après-midi avec d’autres enfants pour filles.
Nous avons fait la connaissance de Dominique Sérafini, un ancien de l’équipe Cousteau, qui relate leurs aventures en bandes dessinées destinées à faire comprendre aux enfants et aux adultes pourquoi on fait des expéditions et qu’est-ce qui ce passe dans les océans. Du coup on a eu de la lecture.
Et comme Dominique et Cathy plongent tous les jours pour faire des photos et des films, ils nous mettent à disposition des bouteilles d’air. En plus Dominique qui adore parler, ça lui fait super du bien de causer avec des français, avec nous il prend sa dose, comme il dit.
On a pu racheter des produits à un américain qui travaille aussi sur le chantier, c’est pratique.
Et hier nous avons fêté l’anniversaire d’Emma, une très bonne soirée, entre les anecdotes croustillantes de Pierre et Dominique et le show d’Emma à l’ouverture des cadeaux, on a bien rigolé.
Bref, ça avance, on est content, Bert commence à fatiguer, il faut dire qu’il bosse comme un âne et tout est physique, quand on croit qu’on se la coule douce… On est content, mais en même temps on sent arriver le moment de la séparation, mais c’est la vie, non ?
Jeudi 11 décembre 2014
Le 6 décembre, je me suis pris un an de plus dans la vue, fêté comme il se doit.
Aujourd’hui, remise à l’eau, initialement prévue pour se matin, reportée à cet après-midi, comme d’habitude, on ne fait pas toujours comme on veut, d’abord parce que ça prend du temps, ensuite parce que la houle est un peu forte. Nous qui pensions nous la couler douce une petite journée à bouffer des glaces, traîner en ville et skyper la mère, et ben c’est loupé.
Pour retrouver le moral, ce soir c’est lasagnes et polente au four, diététique de l’effort.
Vendredi 12 décembre
Ça y est, cette fois le bateau flotte, non sans mal : la remorque a butté sur un je-ne-sais-quoi et ballotté par la houle, trop pressé de retrouver son lit bleu, Paï-Mé a cassé ses sangles et tordu les bras de la remorque ; pas de casse heureusement, le safran est un peu abîmé dans un angle (à surveiller) et notre anti-fouling plaqué or a été quelque peu éraflé.
Wahoooooooo, c’est le cri du capitaine quand on a eu envoyé toutes les voiles et passé Klein Bonaire.
Grand merci à Green Cho pour leur bonne humeur et leur super compagnie ; nous garderons de ces mois passés ensemble de bons éclats de rire, on s’est bien marré, non ?
* Le mot de Louanne : Je n’ai jamais nié que j’aimais pas le vélo. Tout les mardis et les jeudis, nous allons dans une maison à trois avenues plus loin, où c’est un peu la garderie. Le seul truc qui fait que ne c’en est pas une, c’est que les enfants chantent pour un show de noël. On n’aura jamais autant joué avec des locaux. Emma m’énerve à tourner dans tous les sens, le seul moment où on est popines, c’est dans l’eau. On s’est trouvé un petit jeu. Niveau plongée, les poissons sont tellement nombreux et fascinants qu’on a envie de les avoir, pourtant je ne suis pas trop poissons rouges. Nous voyons des murènes, des diodons (je vous conseille d’aller voir sur Internet car ça vaut le coup), des poissons papillon, etc. J’ai d’ailleurs décidé de devenir biologiste, si possible, biologiste marine.