Pas grand chose à dire sur les Gambier, si ce n'est que la vie n'y est pas si mal, si l'on recherche un bon climat et un bon isolement, car pour être isolé, c'est isolé, bien loin de tout. La nature y est reine, super variée et généreuse, il semble que tout peut pousser dans cette terre meuble.
Mangareva et son village principal Rikitea offre une baie bien abritée de tous les coups de vents, on peut y faire ses courses, le plein d'eau et de gazole, on peut aussi escalader son sommet, le mont Duff ainsi que son second, le mont Mokoto d'où la vue est exceptionnelle si vous avez la chance d'y monter par temps clair. On peut aussi s'y refaire une santé physique, footing, corde à sauter, football avec les jeunes du village...
Mais pour tout dire, Mangareva on en a vite fait le tour, alors comme nous avons une bonne fenêtre météo, nous voici partis en visite des autres îles de l'atoll, à commencer par celle de l'aéroport, Totegegie, où nous retrouvons notre vie de Robinson, cueillette des noix de coco, barbecue sur la plage, car oui, dans le chenal nous avons pêché 2 magnifiques bonites qui ne sont pas touchées par la ciguatera, maladie qui emboucane la plupart des poissons de récif et qui provoque entre autre des maux de ventre épouvantables, chiasse, gratte, évanouissements, mieux vaut ne pas tenter sa chance... On passe sur l'îlot voisin où on nous propose de visiter une ferme perlière, et ça tombe plutôt bien parce qu'on s'en posait des questions à propos de ces perles noires, comment on les produit, et tout et tout (sujet non développé ici, pour plus d'infos c'est comme d'habitude sur Wikipedia, eh oui, je sais vous avez la flemme et moi aussi).
Ensuite saut de puce sur Aukena, mais là on ne traînera pas et ce pour 2 raisons : la première c'est que les chinois exploitent les perles et n'aiment pas trop les visiteurs, la seconde c'est que ça grouille de moustiques qui eux nous apprécient beaucoup trop. On se régalera quand même d'un bon bout de barbaque d'Argentine (c'est bon le bœuf au barbec) et de patates dans la braise. Bert nous avait préparé un feu polynésien et les patates étaient nickel bien cuites. Car oui nous avons sorti le bouquin du frangin sur la survie dans la nature et y a plein de trucs intéressants comme les pièges à bestioles, le feu, le tressage des palmes, la construction d'arcs et de flèches (les gamins adorent, sauf que le bon bois - celui qui ne casse pas – reste difficile à trouver), bref mille et une façons d'occuper son temps sur la plage et dans la forêt.
Petit passage également sur Akamaru, 5 personnes y vivent à l'année, mais c'est l'été alors ils sont 10. Nous «gâtons» les 2 plus petits avec des petits jouets de rien du tout et des vêtements trop petits et on nous remercie avec des tonnes de bananes, citrons, papayes vertes.
Vient ensuite Taravai, un mouillage de rêve entre deux îles, grand calme, on tente encore la crapahute, mais c'est un peu trop sport pour Emma, il faut trouver la faille du «maquis», joncs, tapis d'épines de pin, buissons à la con qui griffent les gambettes, bref l'équipe se scinde en deux, les marcheurs chasseurs d'images et les amoureux des bêtes, car ici il y a des cochons en liberté qui adorent la noix de coco, des poules que l'on adore agacer au lance-pierres et deux chats, le tout à deux pas de la plage.
Mais revenons à Rikitea, nous sommes chanceux car c'est bientôt le heiva, les festivités locales qui se déroulent du 10 au 20 juillet, avec entre autre l'élection de miss Mangareva, des danses traditionnelles, en tenue traditionnelle, le discours du 14 juillet (traditionnel) mais sans les feux d'artifice, le tournoi de foot et de volley-ball, le concours des couronnes, les courses de pirogue bref... , manque juste une buvette au goût du Bert.
Puisqu'on parle de moi j'encape la suite.
Voila enfin un coin de paradis! Le Pacifique s'annonce bien.
Des montagnettes (440m de haut), d'un côté des pins et de l'autre une forêt tropicale, un lagon, des framboisiers qui donnent des fraises, des poules des œufs, les locaux leurs fruits en trop. Pour les légumes on se gratte y en a pas. Problème de saison.
Le climat est impec : pas chaud le jour et la nuit une petite couverture. L'eau à 24.Et c'est presque toute l'année comme ça. Ah les mers du Sud que c'est bon !
L'île est ravitaillée par les corbeaux, non deux bateaux. Toutes les 3 ou 4 semaines grand déballage sur le quai : gravier, fûts de 200 litres, bateaux, bouées par centaines, conteneurs, gaz, nourriture... tout arrive par là. Les magasins remplissent les stocks et c'est Noël dans les baraques.
Retour de balade sur Rikitea. Au moment d'embouquer la passe d'entrée entre les récifs, impossible de démarrer le moteur. La Stèph stresse tout le monde, on vire de bord pour gagner un peu de temps. Le vent tombe, la nuit avec, galère ! Panique ! sauve qui peut ! moi d'abord ! les chaloupes à la mer ! Les gosses en dernier et faites pas chier, je réfléchis, pour une fois. Non, les femmes et les enfants d'abord pour nourrir les requins.
On envoie une aussière à L'Avenir qui nous remorque jusqu'au mouillage. Kalon en escorte. Cool les potes.
Après une nuit moyenne et une journée à tester tout ce qui pouvait l'être, triple panne : excitation de l'alternateur, coupe-circuit batterie pourri et batterie morte. Et là où on s'en sort bien, c'est qu'il y en a au magasin des batteries, chance ! Une fois en place, ça pète de nouveau et ça tourne rond.
Donc le bateau va bien, avec son bas hauban et sa batterie neufs, son pont et ses réservoirs tout proprets (quand ça sent trop la vase au robinet, il faut quand même faire quelque chose !), du gros boulot, mais il parait qu'on a du temps.
Que dire sinon que la monnaie locale est le franc polynésien, 1 euro = 119 francs, on peut de nouveau parler en balles. C'est combien le pain ? 70 balles. Et le gazole ? 230 balles le litre. Et l'heure d'internet ? Ben c'est 500 balles. Ici pas de distributeur, alors pour ceux qui n'ont plus de liquidités à changer, c'est l'embrouille, le genre de problème qui n'arrive jamais chez nous, sauf quand le compte en banque est à plat bien sûr. Nous, ce qu'on n'a plus c'est des ginettes blue II, des cartes bleues quoi. Elles devaient arriver par la poste en recommandé mais se sont perdues dès le bureau de poste du Fayet. Champion !
Il nous reste encore pas mal de mouillages à explorer, alors on vous tient au courant. La bise à vous tous et à pouët comme on dit chez nous.
Nota : Bon nous sommes mauvaise langue : les cartes sont arrivées, c'est juste qu'il aura fallu 1 mois. Plus de photos plus tard car la connexion est toujours très limitée...