Alors pour ceux qui comme moi pensaient tomber sur de beaux spécimens maoris bien bronzés, grands comme des armoires à glace, calmez vos ardeurs, les néo-zélandais, à l'image des Anglais sont blancs et réchauffés, entendez par cela qu'ils se promènent en bras de chemise quand nous sommes emitoufflés dans nos pulls et nos doudounes. Pour notre défense, je vous rappelle que nous sortons de 3 ans d'été, eh oui, rien que ça et que le passage de +30° à 12° est un peu raide, le tout en l'espace de 6 heures, l'avion c'est beau, ça va vite, mais bonjour le choc thermique.
Nous voilà donc de retour au pays, façon mois de novembre, mais les arbres sont en fleurs, c'est le printemps. Les stations de ski sont encore ouvertes pour 3 semaines et il est tombé 25 cm de fraîche les jours passés, la bise nous glace.
Mais nous ne sommes ici que pour quelques jours, le temps de nous équiper pour cette nouvelle aventure.
Nos vélos sont fantastiques, tout comme la tente dans laquelle nous dormirons tous les quatre, encore 11 mois de cohabitation serrée, on est une famille ou bien ?? Quand je pense à toutes ces familles déchirées par des ados infernaux, ici pas de brimades ni de privations quant aux rendez-vous avec les copains, les heures perdues devant la télé ou devant le PC, scotchés sur Facebook ou rivés à leur téléphone portable. Non, il nous faut juste gérer le nombre de pruneaux secs ingérés par chacun pour ne pas mourir d'asphyxie durant la nuit...
Le weekend s'annonce plus chaud avec des températures qui frisent les 19°, c'est inespéré pour tester notre matos. Et c'est parti ! Je vous vois déjà en train de vous dire qu'on a dû en baver, je vous vois languir de lire les souffrances endurées et autres maux de jambes, de fessier, de services trois pièces écrasés. Eh bien oui après 168 km seulement on a bien mal au cul, mais les jambes ça va. On se console en se bâfrant tout au long du chemin car quand on roule tous les jours, on peut se permettre toutes les folies.
Sinon une fois sortis de la ville, c'est beau, c'est sauvage et y a personne sur les routes. Mais en ville c'est la jungle, ces enfoirés conduisent comme des fous et ne nous laissent pas passer, fairplay partout, mais pas sur la route.
Que dire sinon qu'ils ont l'air sympathique, même si on comprend pas tout car ils parlent super vite, avec un accent d'enfer, pointu comme en GB, avec des sons genre « then you turn lift », ou encore « It 's tin dollars, please » et aussi « Any feood to declare ? », et là tu crois que tu parles bien l'anglais, peut-être, mais tu pannes que dalle, alors tu fais répéter au risque qu'on te croit dure de la feuille, mais qu'importe, on finira bien par s'habituer.
Pour la petite histoire nous nous sommes déjà fait bouffer les chevilles par les nonos locaux - une pure vermine – aussi douloureux que ceux des Marquises, d'ailleurs ils viennent d'ici, ils auraient été importés avec le sable pour les constructions par l'armée.
Retour à la guest house, une prison reconvertie en hébergement, l'un des moins chers du coin, ça s'appelle Jail House backpackers, compter quand même dans les 22€ par personne par nuit. Je viens de lire Attentat d'A. Nothomb, pas mal, quelques constats acérés sur la société à travers le regard d'une personne au physique ingrat, aux analyses fines, mais qui ne sort finalement pas du lot.
Mardi c'est retour à la chaleur, direction Nouvelle Calédonie, top départ de cette odyssée cyclistique.