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UN MOIS TROP TÔT

Publié le 10 Janvier 2014, 17:48pm

Martinique, un mois trop tôt, peut-être aurions-nous dû commencer par les îles du sud, Trinidad et Tobago, puis remonter tranquillement. C’est ce qui se fait habituellement par les voyageurs partis pour 1 an dans le tour de l’Atlantique, mais comme nous pensons rester 2 ans dans les Caraïbes et que nous avions rendez-vous ici…

Il fait des averses toute la journée, les serviettes ne sèchent même plus et sentent le moisi et pour la lessive c’est pas aussi simple qu’à la maison…

Hier nous nous sommes promenés sur un chemin moyennement balisé, dans une nature très luxuriante, signe que l’eau ne manque pas dans cette partie de l’île où le relief a une fâcheuse tendance à retenir les grains. Bernard l’hermites, que l’on confond parfois avec Thierry, et crabes vivent ici à 100m d’altitude bien loin de la mer. Sous la pluie, nous progressons en file indienne trempés, courbés sous les branches et les lianes, glissant dans la boue, l’oeil aux aguets à la recherche de matoutous et de l’ennemi invisible, kalachnikov à la main, terré dans des galeries… Platoon !

A notre retour nous croisons Hélène, la maman de Carole qui nous annonce que le grain de 11h30 a soulevé de très grosses vagues et que notre annexe laissée au ponton a été arrachée. Heureusement Hélène l’a ramenée sur la plage, mais les dégâts sont importants : des collages décollés, le tableau arrière fragilisé, le caisson de flottaison avant percé et la poignée avant arrachée. Encore du gros boulot pour Bert qui arrivait enfin au bout de sa liste déjà longue des petits travaux à faire… Mais le moteur Mercury n’a rien !

Côté exotisme, à part le jus des noix de coco ramassées directement sur l’arbre et les bananes-pommes que nous avons payées le prix fort sur le marché de Fort-de-France, pas grand-chose : ici tout est hors de prix, comme chez nous. En revanche, les boudins antillais et les acras de morue sont succulents, tout comme la bière au rhum La Lorraine, le grob (macéras de pelures d’oranges, de rhum et de sucre) et le sorbet aux cacahuètes. Côté langoustes et autres homards, inutile d’y penser, sans quoi le budget mensuel s’en verrait fortement amputé… Pour les voir il faut plonger à plus de 20 m parait-il. D’ailleurs, dans le secteur de l’Anse à l’âne où nous nous trouvons, les pêcheurs ne travaillent plus que 2 jours par semaine (pénurie de poissons paraît-il, liée à l’emploi des pesticides), pour le reste, les subventions sont là. Quand on pense aux daurades coryphènes de la traversée, on se dit que ça pourrait grandement améliorer notre quotidien, mais nous n’avons vu que de petits poissons dans l’eau et aucun bel étalage, ni criée. Apparemment, il faudrait aller à Fort-de-France, nous y retournerons prochainement.

La plupart des bateaux-copains que nous avons rencontrés sont mouillés dans le secteur du Marin et de St Anne, dans le sud de l’île, je crois que là-bas il y a foule : au mouillage du marin il faut mettre les pare-battages comme à la marina. Pour y aller, nous devons naviguer par fort vent de face dans le chenal de Ste Lucie, on n’est pas très motivé, à moins que le vent ne tombe… et surtout que le mouillage se vide.

A part ces petits désagréments, il fait bon vivre ici : chaud, mais pas trop, les moustiques ne nous piquent que lorsque nous sommes à terre le soir et l’eau est à 30°. La population de la capitale que nous rencontrons dans les rues n’est pas sympa du tout, en revanche celle des bourgades alentour lance de grand bonjour en montant dans les bus et en entrant au supermarché et certains rigolent d’un rire tonitruant et très communicatif.

LA MANGROVE

Avec notre annexe nous avons remonté la mangrove jusqu’au village du Lamentin : étonnant ! Des lianes-racines qui descendent des branchages et plongent dans l’eau pour reformer d’autres bosquets. J’imagine que cette forêt dense abrite de nombreuses espèces de bestioles, nous avons rencontré des aigrettes neigeuses, une aigrette bleue (on nous a offert un livre sur la faune des Antilles, ça aide…), de petits crabes et des poissons qui décampent à notre passage. On entend également siffler, ce ne sont pas des oiseaux mais de petites grenouilles dont la taille n’excède pas 3 cm, donc difficile de les voir…

Puisqu’on parle bestioles, voici dans le désordre les rencontres que nous avons faites : rouges-gorges, colibris, tourterelles à queue carrée, crabes de terre, iguane vert, tortue verte de mer, poissons-flûte, oursins blancs dit boule coco, gobelets et assiettes en plastique… Et puisqu’on parle pollution, il faut savoir que la tendance générale est de balancer par terre ses détritus, papiers, sacs Mc Do, bouteilles, sacs plastiques. Et pourtant des poubelles il y en a ! Et comme le vent souffle, bon nombre de ces déchets finissent à la mer, quel dommage !

Les embouchures de rivière dans la mangrove servent également de port où les pontons sont des palettes et des planches posées sur les racines des palétuviers. C’est de là d’ailleurs que vient le mot palette ! de palétuvier, l’arbre à palette !? Elle sert également d’abri à bateaux lors des cyclones et de cimetière après leur passage. Nombre d’épaves gisent dans la vase, couchées ou coulées, grignotées par la rouille, les crabes et digérées par la végétation. Quel spectacle !

En arrivant de nuit sur la Martinique nous avons été frappés par la quantité de lumière sur l’île. Sans doute un effet de la transat mais également par contraste avec le Cap Vert : Mindelo avec 80000 habitants occasionne moins de pollution lumineuse que Megève ou Chamonix. Alors ne parlons pas de Santo Antao où des villages comme Pico da Cruz n’ont pas encore l’électricité. La deuxième chose remarquable, c’est le nombre de voitures dans l’île. Il faut dire qu’il est très difficile de s’en passer et que les martiniquais ne marchent pas. Mieux vaut avoir un bateau pour éviter les bouchons. Ainsi nous sillonnons la baie de Fort de France pour faire nos courses, visites et trouver les bons mouillages.

Les réparations sur Paï-Mé et Bill étant presque terminées les loisirs habituels vont pouvoir reprendre : pêche, plage, voile, lecture… On profite également de ce temps libre pour améliorer le confort sur le bateau en confectionnant des bâches de protection solaire pour la chaleur et contre la pluie qui nous oblige à fermer les panneaux de pont et hublots une dizaine de fois par jour.

On sécurise aussi ! Pas deux jours que nous étions là que la pagaie de kayak disparaissait ! D’après le site du gouvernement le Cap Vert est déconseillé aux voyageurs car trop dangereux alors que dire de la Martinique où la drogue se fume dans la rue, le rhum se boit au petit déjeuner et bien avant 18 ans, les motards et scootards roulent sans casque et rouler bourrer sport national? MAIS QUE FAIT LA POLICE ??? comme dirait l’autre. Eh bien RIEN ! Ici on voit les effets pervers du trop d’assistance publique (faits confirmés par une métro habitant ici depuis 20 ans et travaillant dans un hosto psy en accueil de jour).

Vous l’aurez deviné la Martinique n’est pas notre île préférée (avis du captaine iglo) ; à moins peut-être de venir en club full option. Aussi nous allons rapidement remonter sur Marie Galante et éviter de séjourner dans les îles trop « civilisées » à l’européenne pour la suite du voyage. Quitte à se faire plumer, autant que ce soit par quelqu’un dans le besoin et avec le sourire.

Sinon pour conclure la Martinique est bien le pays où l’on cultive la banane.

BONNE ANNEE A TOUS ! Et on boit un punch à votre santé qui nous est chère.

De l'Anse à l'âne à l'Anse noire
De l'Anse à l'âne à l'Anse noire
De l'Anse à l'âne à l'Anse noire
De l'Anse à l'âne à l'Anse noire
De l'Anse à l'âne à l'Anse noire
De l'Anse à l'âne à l'Anse noire
De l'Anse à l'âne à l'Anse noire
De l'Anse à l'âne à l'Anse noire
De l'Anse à l'âne à l'Anse noire
De l'Anse à l'âne à l'Anse noire
De l'Anse à l'âne à l'Anse noire

De l'Anse à l'âne à l'Anse noire

Fort-de-France
Fort-de-France
Fort-de-France
Fort-de-France
Fort-de-France

Fort-de-France

La mangrove, Port Cohé du Lamentin
La mangrove, Port Cohé du Lamentin
La mangrove, Port Cohé du Lamentin
La mangrove, Port Cohé du Lamentin
La mangrove, Port Cohé du Lamentin
La mangrove, Port Cohé du Lamentin
La mangrove, Port Cohé du Lamentin
La mangrove, Port Cohé du Lamentin
La mangrove, Port Cohé du Lamentin
La mangrove, Port Cohé du Lamentin
La mangrove, Port Cohé du Lamentin
La mangrove, Port Cohé du Lamentin
La mangrove, Port Cohé du Lamentin

La mangrove, Port Cohé du Lamentin

Plage du Diamant, le Diamant
Plage du Diamant, le Diamant
Plage du Diamant, le Diamant
Plage du Diamant, le Diamant
Plage du Diamant, le Diamant
Plage du Diamant, le Diamant

Plage du Diamant, le Diamant

Boulot, boulot, annexe de nouveau opérationnelle
Boulot, boulot, annexe de nouveau opérationnelle
Boulot, boulot, annexe de nouveau opérationnelle

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