Carriacou, belle escale pour finir. C’est vrai que lorsqu’on reste un peu quelque part, on prend ses petites habitudes, on discute avec les voiliers, on glane des renseignements sur Grenade, sur les îles avoisinantes, tout ça quoi, on est fidèle à notre commerçante en fruits et légumes, à tel point qu’elle nous fait régulièrement des petits cadeaux, enfin surtout à Emma qu’elle interpelle quand on passe dans la rue, avocats, chocolat, bonbons, … D’ailleurs Denize n’a pas pu s’empêcher de faire des tresses aux filles un jour que nous traînions en « ville » et que les clients ne se bousculaient pas. Alors nous voilà assis devant sa gargote, à l’ombre chez Big Mamma.
Et puis après les gens te reconnaissent, ils sont incroyablement physionomistes, je suis sûre que si on repasse par là dans 2 ans rien n’aura changé. Ou peut-être que si car il y a à Tyrrel Bay un projet de construction de marina, financé par des investisseurs de Trinité-et-Tobago, marina et docks qui devraient tuer pour de bon la capitale Hillsborough, mais attention, il y aurait aussi 125 créations d’emploi à la clé, une aubaine !!
Alors le nettoyage de la plage, c’était sympa, mais c’est bien beau de ramasser les ordures, mais qu’en faire après ? On arrive avec nos belles poubelles bien triées, mais dans ces îles le recyclage n’existe pas. Alors que faire ? Pour nous navigateurs, plusieurs solutions. La première, arrêter de bouffer, mais là c’est pas possible. La deuxième, continuer de bouffer, mais que des fruits et légumes et poisson frais, et là encore c’est pas toujours possible. La troisième solution consiste à faire attention à ce que l’on achète, brûler tout ce qui est possible, compacter les boîtes de conserve et jeter les bocaux par-dessus bord, mais j’aime pas trop. D’autant que comme nous avons fait nos courses en Martinique, des bocaux on en a plein : conserves de légumes, sauce tomate, compote, cornichons, mayonnaise, moutarde, les bocaux c’est bien ça rouille pas quand par hasard la mer s’invite à bord. Et pour les locaux, j’imagine qu’ils n’en sont pas à ce niveau de conscience, puisque rien n’est encore prévu pour collecter.
Petit apéro pour remercier les participants sur fond de djembé. Il y avait ce jour-là pas mal de jeunes du pays, qui devraient petit à petit faire évoluer les choses, au moins dans leur quotidien.
A Carriacou on a aussi rencontré 2 Genevois bien sympas, Fred et Claude, le monde est vraiment tout petit ! Ils ont profité de l’escale pour caréner leur Sun Légende, en pleine chaleur avec les moustiques le soir. On est bien mieux sur l’eau qu’à terre, au moins ça ventile.
On vous présente nos voiliers, depuis le temps qu’on en parle, d’autant qu’ils nous ont fait du très beau travail.
Rinçage de pied à l’entrée de leur atelier qui renifle un peu la pisse de chat. Entre deux clients, Andy fait un saut dehors pour nous montrer la tortue de terre qu’il nourrit, il en profite pour remettre un peu de lait dans la gamelle de son chat hideux qu’il a nommé à juste titre Golum.
Petit saut sur Sandy Island dans la baie de la capitale, c’est tout mignon, voyez plutôt.
Eau chaude, petits poissons et beaux cailloux.
Ce soir c’est l’anniversaire des pêcheurs, un grand banquet est organisé et nous sommes conviés à goûter à la ragougnasse qu’ils ont préparée, de la tortue apparemment. Malheureusement quand nous sommes arrivés il n’y avait plus d’assiette, je devrais dire heureusement car il y avait dans ce brouet quelques morceaux infâmes, à peine supportables en bouche (merci Fred pour l’info, confirmé par Luc du Québec). Ce n’est pas grave, ce soir-là nous mangerons liquide. Seulement, à force de manger liquide, Suzy en tenait une monstre à tel point qu’il a fallu, en bons samaritains que nous sommes, la raccompagner à son bateau, enfin Sandrine et Bert parce qu’il est costaud. C’était folklo, ils ont fini vautrés dans l’annexe à la première tentative, Bert sous Suzy, c’était ça ou elle passait à l’eau. C’était sûrement très drôle car Sandrine pouffe de rire chaque fois qu’on en parle.
Séance de tire à la corde entre les habitants du nord et ceux du sud.
Voilà, il est temps pour nous de partir, alors cap sur les îles au sud de Carriacou, White Island et Fregate Island, qui sont magnifiques et en passe d’être vendues, donc peut-être bientôt plus accessibles du tout. Malheureusement y a trop de mer, ça déferle de partout, alors cap sur l’île de Ronde, sauvage, seulement 20 habitants qu’on ne verra pas parce qu’on a pas trouvé la faille dans le maquis. Pas grave, le mouillage est pas trop rouleur et y a personne, ça change de Carriacou, mais bon, pas de quoi y rester une semaine.
Grenade nous voilà !