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LOS ROQUES

Publié le 22 Octobre 2014, 12:13pm

Changement de décor : lagons et variations de bleus, récifs coralliens et poissons d’aquarium, très gros l’aquarium ! L’entrée de la passe est assez évidente par temps ensoleillé, les hauts-fonds se voient clairement, heureusement d’ailleurs car ici non plus la cartographie n’est pas fiable. C’est magnifique, ce lagon et ses îles vertes de palétuviers. Nous sommes dimanche, quelques gros bateaux de pêche sportive sont là et pour le reste, personne.Changement de décor : lagons et variations de bleus, récifs coralliens et poissons d’aquarium, très gros l’aquarium ! L’entrée de la passe est assez évidente par temps ensoleillé, les hauts-fonds se voient clairement, heureusement d’ailleurs car ici non plus la cartographie n’est pas fiable. C’est magnifique, ce lagon et ses îles vertes de palétuviers. Nous sommes dimanche 20 septembre 2014, quelques gros bateaux de pêche sportive sont là et pour le reste, personne.

LOS ROQUES
LOS ROQUES

Nous sommes dans un parc national, la pêche est autorisée à la traîne, mais pas au fusil. Mais comme il n’y a pas de contrôle et en tous bons français qui se respectent, on resquille. Ça grouille de gorettes, pagres jaunes et autres mérous, notre pain quotidien est assuré. Le poisson est tellement nourrissant qu’on le mange seul, laissant de côté nos féculents préférés.

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La navigation vers El Gran Roque est un plaisir : brise régulière à 17 nœuds, pas de vague, on navigue à vue sous génois seul et on traîne nos lignes. Le chenal est maintenant très bien balisé, ça fait pas longtemps apparemment et heureusement parce que par temps couvert la passe n’est pas très évidente.

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Et c’est reparti pour la paperasse, formalités de douane, d’immigration, change pour payer tout ça et le reste… On retrouve Océana et on fait la connaissance de Bleu Marie, un couple de québécois sur les flots depuis plus de 7 ans. Pierre notre traducteur officiel est très attendu et très sollicité. Le Bolivar s’échange à 90 pour 1 euro, on se croirait en Italie à l’époque de la Lire où un portefeuille ne suffit plus à transporter les liasses de billets. Les chiffres sont étourdissants : 7000 bolivars pour l’immigration, de loin notre plus grosse dépense, 3000 pour le parc, 240 bolivars pour une tournée, 1900 bolivars pour les courses,…

El Gran Roque est la seule île où l’on trouve de quoi se ravitailler, c’est la plus grande et il y a là une piste d’atterrissage. Les touristes logent dans les posadas, de charmants gîtes ouverts aux 4 vents et il y a pas mal de vie dans les rues après 17h. Un très joli village, très coloré, sans voiture ni goudron.

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Il faut savoir que le Venezuela est très à cheval sur les formalités et que tout petit problème appelle une solution financière. Je m’explique… lors de notre bref passage à Grenade, nous n’avions pas refait d’entrée, mais notre sortie de Tobago indiquait le prochain port à Grenade et donc pas aux Roques. De fait nous ne sommes pas en transit et l’officier des douanes nous indique que nous ne pouvons pas faire nos formalités. Pierre leur raconte que les conditions de vent ne nous permettaient pas de remonter sur Grenade et que nous avons dû nous dérouter sur La Blanquilla. Eh oui, nous sommes un voilier et nous ne faisons pas toujours ce que nous voulons. Et c’est le début d’une grande discussion à savoir que l’officier en question ne veut pas se compromettre, mais qu’en gros, le règlement d’une amende devrait solutionner la chose, le tout en espèce et sans reçu, bien entendu ! On nous invite donc à revenir le lendemain. Et le lendemain tout rentre dans l’ordre : nous ne payerons pas d’amende, mais les officiers de l’immigration nous signent une sortie (un zarpe) postdatée, à ne montrer à personne, petit service qui nous évite de revenir à Gran Roque, mais qui nous coûte un bac chiche de 3000 bolivars, tout à un prix. J’avais préparé mentalement ma phrase « ustedes son personas muy amables, gracias por todo » que j’ai ravalée aussi sec à l’annonce du montant. « Bande de filous » aurait été plus à propos…

Nous quitterons donc assez vite la civilisation pour découvrir d’autres îles de l’archipel, un peu plus éloignées, pour avoir la paix et pêcher, pêcher et pêcher, histoire d’amortir la douloureuse… Encore une fois c’est la nature qui paie pour la cupidité de l’homme.

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Les îles se ressemblent toutes un peu : eau turquoise, sable blanc, mangrove et moustiques, on se fait bouffer comme ça se peut pas. Alors on se mouille un peu plus loin et bien dans le vent et on bombe l’intérieur du bateau. Notre produit anti-moustiques de métropole est totalement impuissant, mais notre « Hot Shot » est impitoyable !

Pierre qui connaît bien l’endroit est effaré de voir l’état des fonds et ce qu’ils sont devenus en 10 ans : certains endroits sont massacrés, il n’y a plus de vie, que ce soit le corail ou la faune. La plupart des endroits où il pensait retrouver des langoustes sont abîmés et déserts, on ne sait pas pourquoi, mais il semblerait que tout ne soit pas uniquement de la faute de l’homme.

Les noms des îles sont également très ressemblants : Rabusqui, Crasqui, Sarqui, Espenqui,… et sans aucun rapport avec ce qui précède, Louanne a goûté aux joies des jambes imberbes, bienvenue au club !

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Ici il ne pleut pas, alors on fait marcher notre dessalinisateur tous les jours et on récolte nos 20 litres quotidiens, histoire de ne pas désamorcer en eau douce.

Bert continue à se creuser la tête pour savoir qu’est-ce qui peut bien faire « fondre » nos anodes d’hélice et après de nombreuses mesures, il semblerait que l’informatique soit à l’origine d’une grande évasion électrique : les chargeurs des PC portables et l’antenne wifi font masse et contribuent à l’érosion de l’anode. Pour les non-initiés, l’anode est une pièce en métal tendre qui se place en bout d’arbre d’hélice et qui, en se rongeant évite que ce soit l’arbre lui-même ou l’hélice qui se rongent sous l’effet de l’électrolyse.

LOS ROQUES

A gauche, une anode neuve, à droite la même anode au bout de 2 mois seulement.

Le fait que l’anode s’érode est normal, ce qui est anormal en revanche c’est qu’elle ne dure que 2 mois, contre presque 1 an en début de voyage…

Bon tout ça c’est que du matos !

Depuis les poissons sont passés sous la coque ; tant pis pour eux ! Bert et Beuchat (fusil à gros élastiques lanceur de flèches fatales) étaient là ! L’ordinaire s’améliore encore : Sagre, Vivaneau, poisson Capitaine, Langouste, grosse Gorette (truie de la mer), Thazar, Baracuda, Bonitou, Lambis. Quand à la taille des prises n’en parlons pas mes chevilles vont enfler. Le couteau (repère d’échelle) sur les photos mesure 24 cm. Houston, on a un problème : ça rentre plus dans le four !

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Los Roques c’est très beau, très tranquille, j’aurais envie de vous dire allez-y. La peur des bandits vénézuéliens maintient ces îles hors des foules et c’est tant mieux. Les pêcheurs échangent leurs langoustes contre du coca et des clopes… c’est différent de l’arc antillais.

Ah, j’oubliais : l’eau est cristalline et chaude. Nous avons 6h30 de décalage en moins par rapport à la France (heure d’hiver).

Très bon anniversaire à Mac, mac mac mac.....

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