Quoi de neuf depuis que nous avons quitté Bonaire ? Un bref passage à Curaçao pour faire le plein de bouffe comme toujours (y parait que là où on va on trouve rien, sinon rien pas grand chose) et attendre le bon créneau de vent pour Cuba. Alors Curaçao pour nous se résume à de belles nuits bien au calme et loin des moustiques à Spanish Water et Willemstad, la capitale, bien jolie avec ses maisons en couleur et son marché aux fruits et légumes flottant.
A peine arrivés qu’on nous avait déjà calculés : annexe rigide, enfants à bord, drapeau français (pourtant en piteux état), bref le comité d’accueil ne sait pas fait prier pour nous accoster, gentiment bien sûr. En quelques minutes nous voilà gavés d’informations utiles et pratiques, pour aller en ville notamment, les navettes de bus, le change. Eh oui car ici c’est le Nederland Gulder qui a cours, sinon ce serait trop facile… ça fera des pièces en plus pour la collec de Louanne.
Donc on se gave de fruits et légumes, ça faisait longtemps, et du coup… on pète. Evidemment à manger des pâtes et du poisson tous les jours, nos colons ont crié au secours en voyant passer autant de fibres. Ça c’est les premiers repas, après, c’est comme toujours, on s’acclimate.
21 décembre 2014
Nous arrivons enfin à Santiago de Cuba, 4 jours de nav pour 625 milles de parcourus, c’est long mais je voulais voir Cuba… A Punta Gorda, toutes les formalités se font à bord, pratique, le docteur Follamour écrit ce qu’il veut bien, prend notre température, histoire de voir si nous ne sommes pas infectés, en profite pour nous taxer 3 bières et un paquet de biscuits apéro, ensuite s’en viennent les douanes avec le toutou anti-drogue et l’immigration. Coup de tampon dans les passeports et nous voilà bons pour 1 mois, que nous pourrons renouveler une fois.
La bonne nouvelle c’est que nous retrouvons enfin les Autrichiens de l’Avenir, la première famille de grand voyageurs que nous avions rencontrée à Porto Santo et que nous avions quittée aux Canaries, ça faisait un bail !
L’autre bonne nouvelle est que l’on trouve en ville de délicieuses petites pizzas pas cher et de succulents churros farcis à la crème anglaise.
La mauvaise nouvelle, c’est que Cuba ressemble à tous ces pays en voie de développement : dès que l’on pose un pied au sol, nous sommes assaillis par des gens qui nous demandent argent, vêtements, stylos, savonnettes, rasoirs, clés USB, matériel informatique, apparemment on manque de tout par ici. Le pire, ce sont tous ces mecs qui s’improvisent guides, surtout en ville, pour nous emmener dans les restaurants avec lesquels ils sont maqués. C’est fatiguant ! (Note du capitaine : notre première après-midi, un 24 décembre, s’est passée au bord de l’eau avec tous les loulous et combinards du coin exhibant bijoux en toc et vêtements à la mode, moulants et colorés ; ambiance Kusturica, Chat noir chat blanc, scène de la plage)
L’autre mauvaise nouvelle c’est que les cheminées de la raffinerie nous pourrissent le pont du bateau : des taches oranges apparaissent de partout, elles ne partent pas et la capitainerie n’a malheureusement plus de produit pour les nettoyer, comme par hasard ! (NdC : pas de chance hein !)
Bref, une première impression pas super, on nous ment, on nous prend pour des Pères Noël, on nous arnaque. L’air de la ville de Santiago est irrespirable, les gaz d’échappement nous piquent le nez et les yeux et ça grouille de monde. Là aussi il va falloir s’acclimater. Mais les rues sont incroyablement propres.
Sinon on est content : il fait beau et chaud, on craignait le mauvais temps en remontant vers le nord, il n’en est rien, bien humide le soir, mais pas de pluie.
Nouveau pays, nouvelle monnaie : 1 € = 1,17 CUC, le peso convertible pour touristes. 1CUC = 24 CUP, le peso cubain que les Cubains utilisent. Voilà pourquoi ils veulent nos CUC, leur pouvoir d’achat multiplié par 24, et voilà pourquoi nous cherchons des produits du marché local, le coût de nos achats divisé par 24. Avec nos CUP on peut acheter fruits et légumes, pain, pizzas et sandwiches dans la rue, et c’est à peu près tout (NdC : de toute façon y a pas grand-chose dans les magasins alors autant le laisser aux Cubains).
Au bout de 5 jours, Bert en peut déjà plus de la ville (quel sauvage) (NdC : c’est vrai quoi, j’en ai marre !), alors on file vers les Jardins de la Reine, en passant par le Cabo Cruz.
Les visites à terre sont rapides : il n’y a rien et pas grand monde, le genre d’endroit que les touristes arrivés en avion ne fréquentent pas, on nous regarde passer, on nous invite à partager un verre avec eux, nous déclinons : la langue, le rhum au milieu de l’après-midi avec les enfants, trop peu pour nous…
Le soir, des gamins viennent nous vendre du gasoil siphonné en douce, de la salade, des tomates et des œufs, ils auraient voulu des t-shirts de foot, mais avec nous ils sont mal tombés. Ils repartiront avec un peu d’argent, des bières fraîches et les baskets rouges d’Aurélie. Ah, Aurélie, si seulement t’avais adoré cette vie… (NdC : sauf pour le gasoil et les langoustes vendues par le personnel du « parc naturel » l’argent n’a pas de valeur dans ces régions reculées car il n’y a pas de magasin tout simplement ; alors vive le troc !)
Quand on a connu Los Roques, Los Jardines de la Reina ça vaut pas un pet de lapin : des tas d’îlets (qu’on appelle cayo) à mangrove, de l’eau vaseuse et peu poissonneuse (NdC : c’est vrai sauf pour les mouillages à l’extérieur du reef. De plus là où nous n’avions vu que algues et taupinières les péchoux locaux ont pris 3 tonnes de sardines et une langouste). Par contre on prend à la traîne entre chaque cayo de beaux barracudas qui n’ont pas la ciguatera, fait confirmé par deux fois par des locaux (NdC : sans parler du thon jaune et des tazards).
En revanche, pour ce qui est des langoustes et des crevettes, c’est bien ici que ça se passe, à Cayo Cuervo où les crevettiers de Cienfuegos s’installent pour des campagnes de 40 jours pendant lesquels ils ramasseront jusqu’à 4 tonnes de bestioles, et du beau calibre.
(NdC : pour moi y a pas photo ! la crevette est bien meilleure que la langouste ! Une bonne poêlée de crevettes mélangées avec des morceaux de barracuda relevée à l’ail et au citron, je vous dis pas ! C’est meumeu !)
Sans transition aucune avec ce qui précède, et pendant que j’y pense, j’en profite pour souhaiter un joyeux anniversaire à Mato (mieux vaut tard que jamais, n’est-ce pas ?), tata Karine, Maud, les deux Victor, le père Bib et mémé Aline.
NdC : F-I-N