Equateur, il y a quelques mois nous avions pensé y faire escale et puis v’là ti pas qu’en lisant les guides on découvre que c’est la saison des pluies, pas idéal donc pour y traîner ses basques. Il faut dire que bien souvent la saison pour naviguer ne coïncide pas avec la saison pour visiter, du coup nous nous étions résignés à faire du loisir nautique puisque tel est le moyen que nous avons choisi pour voyager… Et c’est là que par le plus grand des hasards le vent refuse et nous pousse vers Bahia de Caraquez en Equateur, et finalement le temps n’est pas si pire que ça. D’ailleurs la saison des pluies vient de se terminer (sur la côte, du moins), il règne ici une atmosphère paisible et sympathique, on tente le coup.
Et on fait bien ! L’Equateur, à l’image de ses voisins d’Amérique du Sud, est un fabuleux pays, tout est à prendre, rien à jeter, mais attention ça va vite, le pays explose littéralement : développement du réseau routier, des infrastructures touristiques, ça construit à tout va.
En quinze jours nous n’aurons pas tout vu, mais ce que nous avons vu nous a beaucoup plu, à commencer par Quito, la capitale, immense, où nous nous sommes limités à la vieille ville et pris le téléphérique pour une vision plus globale de l’endroit et aussi pour escalader le Rucu Pinchincha et ses 4696 m. d’altitude ; mais les filles sont « mortes », passer du niveau 0 à 4000 m. en 3 jours, c’est trop, Bert fera l’ascension tout seul. On retrouve les odeurs, la verdure, le calme et le frais de nos montagnes, ça fait un bien fou.
Quilotoa-Chungchilan
Nous pensions trouver un bel endroit sauvage et bien c’est raté : on se croirait à l’Aiguille du Midi : des grandes terrasses ont été aménagées pour une vue imprenable sur la lagune. En revanche peu de gens font la balade jusqu’à Chunchilan pourtant paisible et magnifique. Partout ça sent le feu de bois et les alpages sont tous en culture. La Panamericana est incroyable : large et bien goudronnée.
Baños
Jolie petite ville thermale à la montagne, on profite de ses bains chauds et on en prend plein les mirettes à la cascade du Pailõn del diablo. Voyez plutôt…
Salinas de Guarama
Autrefois célèbre pour son exploitation des mines de sel, Salinas est aujourd’hui très connue pour ses coopératives qui produisent désormais du fromage avec la technologie suisse (voyez-vous ça…), de la charcuterie, du chocolat et du nougat. Côté artisanat, de belles écharpes en laine de mouton et alpaca, ponchos, bonnets et gants tricotés main. Et nous avons de la chance car pendant 3 jours c’est la fête au village… Alors le fromage est un peu différent de celui que nous mangeons habituellement, il est plus affiné, mais beaucoup trop cher pour que nous en remplissions les cales (ça vaut quand même pas celui de la Yaute !), on se régale quand même, idem pour le choc qui fait penser au goût du Côte d’Or.
Ingapirca
Se promener dans la cordillère des Andes sans visiter un site Inca, ce serait passer un peu à côté de l’essentiel, juste pour comprendre un peu mieux ce qui c’est passé. Pour plus d’infos, Wikipedia bien sûr…
Cuenca
Troisième ville d’Equateur, c’est tout mignon, la vieille ville en tout cas, avec son musée du chapeau panama et ses beaux monuments. Pour la petite histoire, et pour repérer un bon panama, il faut regarder la finesse du nœud central : plus il est fin, plus le travail est minutieux (jusqu’à 1 mois de tressage) et plus le chapeau est cher (jusqu’à 500 dollars).
Les points forts : des gens sympas, très sympas même, qui nous foutent la paix, on ne cherche pas à nous arnaquer, des transports vraiment pas cher et tellement bien organisés, une grande variété de paysages, de la musique partout, la bouffe simple à toute heure de la journée.
Les points faibles, j’en vois pas, si ce n’est que ça ne parle pas français, comptez pas sur l’anglais non plus…
Retour au bateau et retour au boulot : il faut préparer la transpac, 25-30 jours de mer c’est pas rien : recoudre la voile d’avant, compléter le plein de bouffe, d’eau et de gasoil, faire un brin de ménage, payer la facture, faire une dernière lessive. Le bateau est plus lourd que jamais, mais il parait qu’aux Gambier il n’y a rien et le peu qu’il y a est hors de prix, alors on a chargé une dizaine de bouteilles de pif, des litres de bière, du cidre, pas de rhum (on a encore pas bu celui de Cuba), du lait en pagaille, on a de quoi fournir la supérette du coin, ça rassure le capitaine… Des fous, on en a bourré partout sous les planchers, sous les lits, pendu un nouveau filet pour le frais, embarqué une vingtaine de pamplemousses. Hier on s’est fait un resto, en nav les repas c’est plutôt du vite fait, surtout si la mer fait le gros dos.
Décollage prévu lundi 8 juin au matin, alors pour les nouvelles on s’affole pas, passez un bon été, on se retrouve plus tard dans la grande marre aux canards. On vous aime !
/https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2F5kmES9oHvqE%2Fhqdefault.jpg)