Nous sommes arrivés à Londres Heathrow le 13 mai dernier, il nous aura fallu 3 ans ½ pour aller dans le Pacifique sud et seulement 24h pour rentrer en Europe.
La maison de Nath et Paul est une merveille, un nid douillet dans lequel nous nous sommes enfoncés et d'où l'on n'aurait voulu jamais ressortir en regard du temps qu'il fait dehors : il pleut, c'est l'Angleterre. Ici il y a un dicton qui dit que si on attend qu'il fasse beau pour sortir, on ne fait jamais rien et aussi que s'il pleut, c'est donc que c'est un jour comme les autres. Un bémol cependant, lorsque le ciel se crève et que le soleil prend toute la place, alors les roses explosent, les oiseaux ne se sentent plus de joie et le salon de jardin reprend du service et là, on se croirait... en France !
Le pneu que nous avons commandé a mis une semaine pour arriver et ça y est, il est monté, ce soir on boucle nos saccoches et demain on roule, les vacances sont finies.
Et oui, on a un programme : tirer droit au Pays de Galles que nous traverserons du nord au sud le long de sa côte ouest, puis la Cornouailles, pas loin de 1200 km au bas mot, pas du tout plat à priori, mais sûrement du tout beau.
La visite de Londres nous a épuisés, trop de monde, de voitures de luxe, de bruit, un choc quand on débarque de Tasmanie. Le métro est propret, mais le crissement des rames en mouvement nous déchire les oreilles, on lui préfère les bus à deux étages.
A Camden Town on se noie dans la foule, un gigantesque marché dans lequel on trouve de tout sauf des fruits et légumes, repaire de touristes français, espagnols, italiens et chinois, l'Union Jack se décline sur toute sorte d'objets, mugs, porte-clés, casquettes, tee shirts, vaisselle, torchons, chaussures, royaume du bric-à-brac made in China. Les policiers sont armés jusqu'aux dents, leurs mitraillettes sont chargées, ça nous choque, mais on va s'habituer, on s'habitue à tout de toute façon et c'est bien là le problème, ça finira par devenir normal, un peu comme en Colombie. Elle est déjà bien loin la douceur des îles...
Véritable petit déjeuner anglais : oeuf, bacon, saucisse, haricots à la tomate, boudin noir, toast, tomates, chamignons, ça tient au ventre !
Les routes britaniques sont dans un triste état, goudron défoncé, trous, les panneaux de direction sont souvent absents et on se perd dans le dédale des routes secondaires. A vouloir fuir le trafic, on cherche les pistes cyclables et on fait demi-tour, et on demande notre chemin et on vérifie avec le GPS du téléphone si nous sommes bien toujours dans la bonne direction. On a un peu perdu nos repères, où est le nord, où est le sud, pas moyen de savoir, nous sommes coincés entre deux haies vertes qui nous cachent le paysage de la campagne anglaise, mais on s'en sort, les journées sont longues et les étapes font en moyenne 70 km.
On s'était laissé aller à penser que l'Angleterre serait toute plate comparée à cette Tasmanie revêche, mais il se trouve que pas du tout. Les circuits que nous empruntons nous font tirer la langue parfois, on s'autorise à reprendre des axes plus importants et plus fréquentés mais beaucoup plus roulants, pour quitter au plus vite la grande banlieue londonienne. Et voilà qui est fait, nous voici chez les Gallois comme en témoigne les drapeaux blancs et verts au dragon rouge et la traduction systématique de tous les panneaux et marquages au sol. Le Gallois est à l'Anglais ce que le Breton est au Français, beaucoup de consonnes, des g, des w, des y, des doubles ll, bref de quoi faire d'excellents scores au Scrabble !
Le Mont Snowdon fait son timide et cache son sommet dans les nuages, c'est pas grave, on aura vu ses lacs et ses environs, une nature bien verte et bien arrosée - comme nous d'ailleurs -, des vieilles pierres, des murets, des manoirs somptueux et des châteaux qui témoignent d'un passé très lointain, comme l'annonce ce panneau : « 4000 ans d'histoire », voilà de quoi faire rêver les kiwis de passage dans la région, eux qui ne peuvent se vanter que de 200 ans d'existence (pas des moindres, c'est vrai que l'histoire des colons est elle-aussi passionnante). Les campings sont nombreux et pentus, on pense que c'est à cause de la pluie, pour éviter de faire des flaques, mais c'est pas toujours tout confort. On préfère de loin les ambiances camping à la ferme comme celui d'aujourd'hui qui nous paraissait super miteux, mais qui offre le principal : un coin d'herbe, une douche chaude, de la connexion, le tout pour 12 livres, avec en cadeau deux œufs de canard que nous dégusterons demain matin. D'ailleurs et puisqu'on en parle, on mange carrément mieux ces derniers temps, on a changé notre régime alimentaire, retour au sandwich jambon-camembert le midi et petite variante le soir avec les gnocchi de chez Aldi, et il semblerait qu'on pète beaucoup moins, l'analyse de Bert était donc la bonne : c'est la farine qui était à incriminer, ouf !
Bref l'aventure continue, on vous tient au courant. Grosses bises à tous et attention, on arrive !