La semaine que nous venons de vivre a été riche en événements, surprises et aventures.
D’abord nous avons dû quitter l’île de Minorque pour nous mettre à l’abri d’un coup de tramontane annoncé par la météo. Selon les prévisions nous devions prendre un vent modéré (10-15 nœuds) à 5 heures du matin pour nous emmener tranquillement au portant vers Majorque. Mais voilà nous sommes en Méditerranée !!!
Coup de vent
A l’heure dite le vent était accompagné d’orages secs et de rafales à 36 nœuds : on rallonge la chaine de l’ancre, range les serviettes qui sèchent et attendons une éclaircie. A 7h on appareille juste avec la trinquette (voile plus petite) au portant avec une vitesse de 8 nœuds. Après une 1h30 de rodéo, abrité par l’ile, le vent tombe, tourne : on essaye avec toute la toile, on tangonne, empanne, rien n’y fait…donc moteur.
10 minutes plus tard sous un gros nuage le vent passe de 4 à plus de 26 nœuds en moins de 10 secondes : prise de ris (réduction de la surface de la grand-voile), deux tours dans le génois puis 3 de plus. Surf à plus de 10 nœuds, un record.
Après 10 heures de navigation nous voilà donc arrivés, fatigués et grisés par la vitesse, à Majorque, à la Cala Manacor.
La mécanique qui flanche
Alors que nous venons de quitter notre dernier mouillage pour vider la cuve à eau noire encore bouchée le bateau ne répond plus et tourne en rond : le serre câble d’une des commandes a glissé ; sûrement lors du coup de vent. Réparation de fortune et retour à la case départ pour une journée de contrôle du système de barre. Plus de peur que de mal, heureusement que le temps était clément.
En plus la cala où nous nous trouvons n’est pas si mal…
Surprise du soir
Le soir même, après une bonne promenade, nous retournons au bateau et découvrons un Zodiac complet à la dérive qui s’approche. Une fois amarré Steph donne l’alerte par VHF puis n’ayant pas de réponse, on tente un appel téléphonique au centre de sauvetage depuis un restaurant de la plage.
Les secours arrivent rapidement, nous soulagent de cette énorme annexe et nous propose de la garder : règle maritime internationale appliquée à la lettre. En Espagne, tout bateau dérivant devient la propriété de celui qui l’a récupéré ; enfin dans les grandes lignes car il faut quand même contacter le propriétaire à qui on propose de nous racheter son bateau, le tout avec une bonne assistance juridique et moyennant de rester un certain temps sur place. Et après, que fait-on de ce bateau ?
Les sauveteurs maritimes étaient super sympas, ils ont pris tous les renseignements et fait une photocopie de notre titre de navigation. Aucune nouvelle de l’occupant, nous pensons que le bateau était échoué volontairement sur une plage et que le coup de vent l’a emmené.
Du coup le repas du soir est pris à 23h.
Surprise d’un autre soir
Alors que nous regardons un bon film à l’intérieur, un raffut du tonnerre nous attire dehors : un jeune cormoran ou une espèce de canard tout noir avec un long bec pour son âge est tombé dans le cockpit sans pouvoir repartir. Résultat on se jette dehors, projecteur à l’appui et Bert n’écoutant que son courage s’empare du volatile et le remet à l’eau. Avec le nombre de bateaux présents sur ce mouillage, c’est quand même pas de bol qu’il se soit échoué chez nous…
Aventure de jour
Au détour d’une Cala de toute beauté nous découvrons la caverne des « pirates des Baléares » que nous explorons en annexe à la recherche du trésor. Introuvable ; quelqu’un nous aura précédés !
Comme vous voyez on ne s’ennuie pas trop à bord de Paï-mé car, en plus, je ne vous parle pas de la routine quotidienne : ménage, cuisine, baignade, exploration terrestre et maritime, entretien du bateau, bureau (en fait apéro WIFI) pour transmettre les nouvelles fraiches …
Nous n’avons pas encore rencontré de voyageur avec enfants parlant couramment français ; il semble que la voile soit une affaire de retraités ou d’homme seul. En même temps nous ne sommes pas encore tout à fait sur la route des Antilles, on profite des variantes.
Loulou a eu une otite, Emma très chaud sous ses cheveux, Steph des piqûres de moustique et moi le nez qui pèle comme d’habitude. Je crois aussi qu’à force de nous baigner nous avons les yeux globuleux comme ceux des poissons… On espère avoir bientôt les mains et les pieds palmés…
On espère aussi que vous supportez la canicule en Haute-Savoie et que tout va bien chez vous.