Retour sur le continent, on retrouve un peu l’ambiance de la Dominique, avec les singes hurleurs en plus : une végétation luxuriante, des gens super sympas. Les bus locaux font un vacarme du tonnerre et il fait lourd, très lourd.
A terre nous rencontrons des français qui reprennent pour 8 mois un club de plongée ; ils assurent ainsi des remplacements dans différents pays, Madagascar, Nouvelle Calédonie et maintenant Panama, une façon originale de voir du pays et d’explorer les fonds.
Pas grand-chose à voir dans ce coin-là, mais le mouillage est très bon. On retrouve des bateaux rencontrés aux San Blas, les candidats au Pacifique se rapprochent gentiment du canal.
Nous on commence à faire la liste des achats à faire à Colon et il faut bien avouer que ça donne le tournis.
Petite halte également à Portobelo. On nous avait vivement recommandé d’y aller, c’est vrai, ça vaut le coup : à l’époque des conquistadors, l’or était acheminé à Portobelo d’où il repartait par bateau vers l’Espagne. La baie est entourée des vestiges des forteresses et les nombreux canons toujours en place témoignent d’une activité de surveillance accrue. A Portobelo ça grouille de vie, de touristes, de mini supermarchés, retour à la civilisation !
Après 2 nuits passées ici, il est temps pour nous de rejoindre Colon.
L’entrée à Colon est assez spectaculaire : plus on avance et plus on croise d’énormes porte-containers, on accélère le pas pour passer par le chenal d’entrée car les gros sont rapides, très rapides. Ensuite on salue nos potes qui optent pour la marina, nous on opte pour le plan gratos du Club Nautico (pas idyllique, loin de là), choix qui se révélera judicieux et pas seulement en terme d’économie : ici nous sommes près de tout, des commerces, de la laverie, les taxis vont et viennent très régulièrement, car oui, à Colon, quand on est un touriste, il vaut mieux se déplacer en taxi. Nous n’avons pas l’habitude, mais il parait qu’on nous observe, qu’on connaît toutes nos habitudes, d’ailleurs la plupart des touristes qui atterrissent en bateau doivent se rendre à la banque avec beaucoup d’argent pour le règlement du passage du canal, ça se voit comme le nez au milieu de la figure.
Première chose : acheter une carte de téléphone locale, deuxième chose : envoyer son formulaire pour le passage du canal, troisième chose : prendre rendez-vous pour la mesure du bateau et enfin appeler le planificateur pour la date du passage. Ensuite, il suffira d’appeler pour louer les amarres et les pneus et trouver des coéquipiers supplémentaires et le tour est joué. Très facile ! Inutile donc de prendre un agent qui demande 350 dollars pour faire la même chose. Il faut savoir que tous les plaisanciers recherchent la même chose, on peut donc aisément se passer des « linehandlers » professionnels (à 100 $ chaque, il en faut 4) car nombreux sont les navigateurs qui veulent voir comment ça se passe. Et ça se passe très bien. Arrêtons de lire les récits douloureux des bateaux en perdition, les pilotes (advisers) sont très pros. Inutile également de mentir sur la vitesse du bateau, on nous demande 5 nœuds minimum. Pour les amarres, notre contact était Stanly Scott (super ponctuel et efficace), on peut le joindre au 668 07 971. Au Club Nautico, nous avons rencontré José Wolf qui habite sur son trimaran (merci à Kalon pour ses bons plans) et qui se propose comme linehandler pour seulement 20 $, soit le prix de son billet retour, et qui est lui aussi super sympa. Attention ces infos sont valables pour ceux qui passeront dans les prochaines années car ces deux personnages ne sont plus tout jeunes.
Parlons des avantages de Shelter Bay marina : des douches, une piscine, une navette gratuite pour le supermarché (pas le moins cher mais le mieux achalandé), un mécanicien professionnel, un voilier, un fax pour l’envoi du formulaire, les mesures du bateau sont prises sur place, bref, assez pratique… Colon est à 30 min de bus, la marina est une ancienne base US perdue au milieu de la forêt et de la mangrove : rien à voir ni à faire !
LE CANAL DE PANAMA
Quel chantier, et quelle folie ce percement de canal quand on y pense. Pour l’histoire du canal, rendez-vous sur Wikipédia, pour notre histoire, je vais vous la raconter.
Il était une fois… eh oh, faut pas exagérer quand même, c’était pas un comte de fées ! En fait le passage vers le Pacifique se fait en 2 jours : on passe les 3 écluses montantes, on dort sur le lac Gatùn et le lendemain, beaucoup de moteur jusqu’aux 3 écluses descendantes. Après, on est crevé, autant de moteur, on a pas l’habitude et sur le lac, pas moyen de balancer de la toile, d’ailleurs c’était pétole molle.
Bref, notre bateau étant plus gros, et donc plus lourd que celui des Néo-Zélandais avec qui nous sommes à couple (nested, en English dans le texte), c’est nous qui mènerons la danse et c’est moi qui conduit, ça fait tiquer, ils n’ont pas l’habitude que les femmes tiennent la barre. Bert, plus costaud (c’est qui l’homme, hein ?) se chargera de reprendre les amarres avec Bernhard et José. Et c’est parti. Fermeture des portes, 8 minutes de remplissage de la baignoire, nous sommes derrière un yacht très classe, lui-même précédé d’un porte-containers. Et ça se passe bien. Arrivés sur le lac Gatùn, on largue les kiwis et on prend une énorme bouée pour passer la nuit. Et là, Bert et moi on se prend une douche à l’eau douce du lac, un bonheur sans nom.
Le lendemain départ vers 7h30, la route est un peu longue jusqu’aux écluses, on passe devant la prison où est incarcéré le général Noriega (à perpet) et on se remet à couple. Cette fois pas de porte-container, le super yacht est à couple avec un petit bateau de croisière et nous juste derrière. Devant la caméra de Miraflores on fait des grands signes, des fois qu’on nous regarde depuis la France et puis voilà, c’est fait.
On est dans le Pacifique ! Depuis le temps qu’on en rêvait !
Il faut être patient pour le canal: attendre le pilote, attendre les autres, attendre que l’eau monte, attendre que les portes s’ouvrent, attendre pendant qu’on navigue et on recommence à la descente, attendre que la porte s’ouvre…
BALBOA OU PANAMA CITY
De loin, la ville et ses grandes tours, c’est quand même super beau, oui oui, ça biche. Par contre quand on s’y enfonce en taxi, on déchante, j’vous fais pas un dessin.
Donc, nous avons visité le vieux Balboa, el Casco Viejo, sympa, tranquille, de beaux bâtiments, une belle promenade avec partout des revendeurs de bijoux en perles, pierres, macramé en tous genres, molas, … Et dans l’eau, juste en bas, des surfeurs dans une eaux verdâtre peut attrayante.
De retour au mouillage, tiens, le bateau a disparu, sur le moment ça fout un coup, mais on le voit, il est à couple d’un bateau de pêche. V’la ti pas qu’on a dérapé, elle est bien bonne ! Heureusement que nos amigos ont eu le souci de nous le récupérer, sans quoi, fin du voyage et bonjour les boules ! On leur propose du rhum, ils préfèrent de la bière, c’est une affaire entendue. On re-mouille plus loin, avec 70 mètres de chaîne et deux ancres, si ça décroche je rentre au couvent. J’m’avance pas trop, je suis convaincue qu’ils ne voudront pas de moi… Il est temps qu’on s’casse, l’eau de la baie est tellement immonde qu’on ne s’y douche même pas et on moisit sur place, tellement c’est moite. Donc, lundi, paperasse de sortie, on laisse passer le mauvais temps, et mercredi, cap sur les Perlas à 30 milles d’ici. Comme toujours, on vous tient au courant.
Allez, à la prochaine.











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